samedi 21 septembre 2013

Etat menace ou protection ? (Compte rendu)

On parle d’état providence, mais pour d’autres l’état est au contraire à l’origine de tous les maux. Garant des libertés ? Est-il toujours à même de tenir ce rôle ? Qu’attendons-nous de lui ?

L’état est supposé être l’expression d’un équilibre, d’un juste milieu. Il semble inévitable que les groupes de pressions religieuses cherchent, au minimum, à représenter leurs croyances pour qu’elles soient respectées et parfois à faire infléchir l’état dans un sens qui leur seraient favorable. Il appartient au pouvoir public de veiller à la non prépondérance de ces groupes de pressions. En effet, il doit garantir la liberté des personnes. La loi de 1905 veille dans ses 2 premiers articles, à un point d’équilibre sur lequel se repose le citoyen. La neutralité de l’état et son rapport à la laïcité renvoi à l’impartialité. Donc c’est à l’état d’être garant de la sécurité, de la liberté et de la laïcité. Mais également de l’égalité des citoyens et de la fraternité. Ainsi on peut imaginer un axe horizontal de l’état vers le citoyen qui peut se traduire par ces valeurs de solidarité et de fraternité.

La vie collective a besoin d’un système régulateur. Néanmoins, l’état se matérialise par une communauté disparate, hétéroclite. Il doit se fixer un cadre qui satisfasse la moyenne des individus et réponde aux nécessités de la mondialisation. Mais l’état n’est pas légitime lorsqu’il interfère sur la vie privé de l’homme. Cela tend à l’infantilisation de l’individu alors qu’il a besoin d’être autonome et responsable. L’intervention de l’état freine en partie cette liberté de mouvement. Par exemple, en matière d’éducation, l’état ne sait plus s’adapter notamment par rapport aux besoins économiques des entreprises. Néanmoins, l’état a un rôle de formateur et de transmetteur, même si cette action est un gouffre financier. Un bon exemple de transmission se fait par le compagnonnage.

On peut craindre que le moule de la nation broie le communautarisme. Ce qui est un peu différent dans les états fédéraux (Allemagne ; USA) En France il y a une certaine volonté à rendre les hommes identiques alors que l’état fédéral veillera à respecter chaque individu dans son identité. L’état dans ce premier cas est un peu trop dirigiste et ne considère pas l’individu de manière unique. De l’autre côté, il est complexe de tenir compte du particularisme de chaque individu. Tout sentiment de différence pose problème à la nation, car elle ne peut pas se reconnaitre dans le particularisme. En 1790, il y avait soit le choix du modèle girondin qui prônait un pouvoir faiblement centralisateur soit celui des jacobins. La France a opté pour le jacobinisme ce qui se traduit encore aujourd’hui par l’assimilation de l’individu dans la société et le refus des communautarismes, alors que le système communautaire fonctionne bien dans d’autres cas (USA, Bretagne…) On peut comparer avec les républiques africaines. La faiblesse de l’état, dans les pays africains, est vérifiable car l’état jacobin ne peut rassembler la diversité des ethnies d’un même pays. Ce schéma jacobin a été importé lors des guerres de colonisation, mais il n’arrive pas à s’adapter à la réalité locale. L’état n’est pas identifié avec une réalité historique car il s’oppose à la réalité multi ethnique et les institutions ne sont pas suffisamment solides. Cela génère donc de l’instabilité et des conflits locaux.

En France, le big-brother est institué avec les cartes de paiements. Notre système de vie ouvre l’accès à nos informations personnelles, car l’informatique couvre un très grand champ d’action. Il semble que le citoyen ne maitrise plus son intimité, mais dans ce domaine l’état ne peut pas apporter sa protection. Le droit est aujourd’hui international, ce qui rend les états soit fort, soit faible. La révolution française était porteuse d’idéaux fédérateurs, aujourd’hui l’état ressemble plus à un syndicat de copropriétaires. Chacun voit l’état comme un régulateur des petits besoins quotidiens. Cela donne une conception matérialiste de l’état qui gère les deniers publics en fonction des attentes des citoyens

Le particularisme de l’état français est d’être une république ; mais on tend également à conclure qu’il ressemble à une monarchie républicaine. Si l’état doit régir des besoins collectifs dans un cadre centralisateur pour satisfaire les besoins du plus grand nombre, alors il ne peut plus avoir de visions à long terme c'est-à-dire à 50 ans. Il ne peut plus être stimulateur d’histoire.

On peut comparer avec les républiques africaines. La faiblesse de l’état, dans les pays africains, est vérifiable car l’état jacobin ne peut rassembler la diversité des ethnies d’un même pays. Ce schéma jacobin a été importé lors des guerres de colonisation, mais il n’arrive pas à s’adapter à la réalité locale. L’état n’est pas identifié avec une réalité historique car il s’oppose à la réalité multi ethnique et les institutions ne sont pas suffisamment solides. Cela génère donc de l’instabilité et des conflits locaux.

Finalement, l’état n’est pas quelque chose de très naturel. Il ne fait plus rêver, car il ne relève pas du religieux. L’âme du citoyen européen vise à croire en cette « divinité » qui s’est construite au cours des siècles. Cette hypothèse se confirme par la notion de mission et de vocation qui s’exprime encore chez certains fonctionnaires.