lundi 26 mars 2012

Synthèse Café Maçon du 8 mars 2012

« Tolérance-intolérance. Pouvons-nous tout accepter ? »

Les deux textes liminaires posent les trois termes du débat. De principe moral et politique, durant la Révolution de 89, la tolérance est devenue une posture passive. Toujours condamnée comme le mal absolu, l’intolérance est difficile à aborder dans l’absolu. Comment réagir à l’intolérable, par le silence complice ou par l’entrée en résistance ? Où situer notre seuil de tolérance à l’intolérable ?

De nombreuses questions sémantiques


On préfère au terme « tolérance » trop passif, celui d’acceptation, d’accueil de l’autre.

La tolérance c’est accepter l’autre comme il est et non comme on voudrait qu’il soit. La tolérance c’est admettre chez l’autre une manière de penser autrement. En maçonnerie, la tolérance est en lien avec la liberté et le respect.

Pour tolérer, il faut avoir une position dominante. Je tolère parce que je peux sanctionner. Avons nous tous un droit de tolérance ? Ma tolérance finit là où commence celle des autres.

Un questionnement central autour de l’éducation à la tolérance


On ne naît pas tolérant, on le devient. Mais comment ? L’intolérance, la peur de l’autre est transgénérationnelle.

La tolérance renvoie à la problématique du désir. A la naissance, il n’y a pas de reconnaissance de l’autre puisqu’on est le grand tout.

C’est l’éducation qui rend tolérant mais je ne peux forcer l’autre à être tolérant.

La tolérance est à l’articulation de la sphère privée et publique. Les premiers conflits sont dans la famille.

Accueillir les différences commence dans le foyer, à la base. On ne force pas la tolérance mais on peut l’induire

La tolérance peut certes s’apprendre mais peut aussi être circonstancielle. Il y a une alchimie des événements qui peut donner de la compassion à un bourreau. La tolérance est mutable comme l’intolérance.

La maçonnerie est une école de tolérance, mais elle n’a pas le monopole de la tolérance.

Pour être tolérant, il faut d’abord se connaître, ne pas avoir peur de soi même car cela engendre la peur des autres. Et pour cela, rien de mieux que la culture.

Est ce qu’on apprend la tolérance avec le cœur ou avec la raison ?

La tolérance est ce une posture hypocrite, sociale ou une attitude réelle.

La tolérance a des limites. il faut aussi apprendre aux enfants à prendre leur place et à ne pas s’effacer dans un monde de compétition. Il faut leur apprendre une stratégie de la tolérance.

Il n’y a pas de pédagogie de la tolérance mais les poètes et les humoristes mettent sur la voie d’une tolérance subtile.

L’intolérance, un des effets de la crise


lLs crises induisent une résurgence de l’intolérance à l’autre. Les différences sont stigmatisées. C’est l’arbre qui cache la forêt. Il y a intolérance quand les difficultués mènent au repli sur soi. Pourtant, la tolérance est utile à la nation, elle est véhiculée par le dialogue social, elle met un terme aux non dits étouffants. Grâce à la tolérance, la société peut être en paix et riche.

Qu’est –ce qui est intolérable ?


Le chômage est une atteinte aux droits de l’homme comme le refus à un migrant de s’installer dans un autre pays que son pays d’origine, comme l’absence de logement.

lLs signes ostentatoires de la religion dérangent. Il faudrait savoir si la France est un pays laïque ou pas.
Tout tolérer dans l’éducation conduirait à du laxisme. La tolérance est en déséquilibre permanent. Elle peut être salvatrice et destructrice

Avec Camus, la justice est du côté de l’homme révolté qui ne tolérait pas ce qu’il avait vécu. Camus est un maçon sans tablier qui ne tolérait pas ce à quoi il était confronté.
Le seuil de tolérance est souvent franchi quand on fait trop appel aux émotions. ça ne permet pas un dialogue sain.

Il faut sortir du dualisme. La tolérance c’est bien, l’intolérance c’est mal.Qquand on est face à un régime totalitaire, il faut refuser de le tolérer. On ne peut tolérer l’injustice sociale. Les maçons africains qui se compromettent c’est intolérable et décevant tout comme la GLNF.

Il y a un devoir moral à ne pas tolérer l’intolérable. L’intolérance à l’intolérable est le début de la libération morale.

Au fond, on est hypocrites et adeptes du « not in my backyard ». On est tolérants chez les autres et pas chez soi. Nous avons le droit d’être intolérants.

Relativisme


Est ce que la tolérance n’est qu’une question de points de vue ? Selon les cultures on ne tolère pas les mêmes choses. Dans certains pays, mettre des anciens dans des maisons de retraite c’est intolérable. Dans certaines obédiences maçonniques on ne tolère pas les femmes. Peut –on donner à la tolérance une dimension universelle ?



La tolérance est une valeur qui se construit tous les jours avec les autres . On apprend toute sa vie à être tolérant . La tolérance c’est surtout une prise de conscience par le chemin personnel et l’expérience. La tolérance n’a pas de limites. La tolérance vient de notre volonté d’évoluer qui n’a pas de limites.