mercredi 17 octobre 2012

Compte rendu du café maçon Jeudi 11 Octobre 2012

Thématique : la morale peut-elle être laïque? 

A l'heure où les religions s'invitent de plus en plus dans le débat public, se réclamant de leurs valeurs, le ministre de l'Education Nationale veut relancer l'enseignement de la morale à l'école publique.
La Franc-maçonnerie a-t-elle quelque chose à voir avec la morale?

Introduction par Sarah : 

La morale serait elle personnelle et la représentation d’une volonté de progression de son propre idéal ? Un souhait de dépassement de ses limites ? La morale doit elle trouver un classement dans l’ordre religieux ? La morale apparaît comme une contribution à la cohésion sociale.

Il se dégage qu’il faut tout d’abord établir une définition du mot morale et également que morale et laïcité sont deux concepts distincts. La morale est elle par essence laïque ?

Discussion générale

Un intervenant pose la question dans l’autre sens : pourquoi la morale ne serait-elle pas laïque ? Faut-il enseigner la morale à l’école ?

Une autre personne aborde les rapports entre la morale et la politique et soulève le côté asservissant de la morale.

On s'interroge sur les racines étymologiques des mots « morale » et « laïcité ».

Après recherche sur le web, le mot religion tire sa source du latin « religare » qui signifie relier.


Le terme laïc vient du latin laicus qui signifie « commun, ordinaire, qui est du peuple » lui-même issu du grec laikos signifiant « du peuple ».

On remarque qu’il existe plusieurs manières de concevoir la morale.

Pour certains participants, la morale doit être dissociée de la religion. Pour d'autres c'est la religion qui lui donne une unite, sans quoi elle resterait fragmentée. Elle aide à discerner le « bien » du « mal ».

Un intervenant cite certaisn principes moraux comme aimer son prochain comme soi-même, aimer son père et sa mère, les principes énoncés par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen principalement l’article premier : le shommes naissent libres et égaux. Ou le principe de solidarité : Chacun selon ses moyens, Chacun selon ses besoins ».

Quel est le rôle de l’école dans l’enseignement de la morale ? S'agit-il d'enseigner des règles ?

Quid de la formation des enseignants? La morale civique est un moyen du mieux vivre ensemble.

La morale serait à géométrie variable selon chaque personne, selon le milieu, la communauté ? La morale est elle universelle ou individuelle ?

Énonciation du triangle de l’éthique, « je veux, je peux, je dois ».

Une personne explique que la morale est difficile à intégrer pour certains enfants en établissement scolaire, à cause du milieu extérieur où les règles sont trop différentes.

D’autre part y a-t-il une de décadence de la morale ? La morale évolue-elle avec la société ?

A titre d’exemple, un enseignement de la morale par la pratique : le tri effectué avec des enfants éveille en eux la conscience du respect de l’environnement. L’Abbé Pierre, Emmaüs et le Compagnonnage peuvent également servir d’exemple.

Un intervenant soulève la contradiction qu'il peut y avoir la parole et les actes.

Les médias, la famille, le sport ont aussi une influence sur le sens moral.

La morale aurait un rapport avec l'un intérêt général.

La rigueur entre elle parmi les valeurs morales ? L’excès de matérialisme est il contraire à la morale ?

Une personne considère que c'est l’athéisme qui est une croyance dominante. Il prône l’individualisme et se rapproche des philosophies nihilistes et du carpe diem.

La famille joue un rôle crucial dans la transmission de la morale. Rapport entre la morale et l’argent, la morale et la loi. Doit on inclure la non-transgression de règles dans la morale ?

Une des bases de la morale peut être l'humanisme.

Faut'il l'enseigner ? Oui, car il n’est pas possible de déléguer exclusivement la morale aux parents car parfois leurs contraintes sociales ne leur offre pas la disponibilité suffisante.

Une personne exprime que la transmission familiale joue un rôle primordial et que les conditions sociales n'impactent peut être pas autant que cela l’intégrité du sens moral.

On rajoute que la morale passe aussi par respect de soi, un développement de l’amour propre, ainsi qu’une intégrité personnelle.

Comment amener une nouvelle morale de manière « raisonnable » ?

L’individualisme semble progresser et les médias auraient une influence sur la perte du sens de la valeur du travail.

Sarah en guise de conclusion:

Il reste toujours à dégager si la morale doit être laïque ou enseignée via la religion.

Il se conclut que la morale est le ciment du mieux vivre ensemble et un vivier de règles pour une plus grande harmonie.

Question des participants sur la franc-maçonnerie :

Le concept de l’être suprême dans la Franc Maçonnerie.

Au Grand Orient, il n'y a pas de réference au « Grand Architecte de l'Univers »

Au Droit Humain, cette référence existe, mais chacun dispose de la liberté de sa définition. Il existe la liberté de croire ou pas et selon les loges on peut prêter serment sur le Coran le Talmud, etc.…

Quels sont les objectifs principaux de la Franc Maçonnerie ?

Elles sont différentes selon les obédiences.

Au Grand Orient de France le travail s’effectue sur la morale et la recherche d’une part de la vérité ainsi que sur l’ésotérisme et le symbolisme. Une partie importante du travail se fait sur des sujets de société.

Au Droit Humain : Travail sociétal, sur soi, sur la liberté, sur l’écoute et l’effort de non jugement de l’autre ainsi que son respect.

Grande Loge de France :

Fruit de discussions ainsi qu’un apport collectif.

Question si certaines personnes peuvent être rejetées ou s’il existe un critère de sélection.

Oui, des canidatures sonr repoussées ou des candidats ne vont pas jusu'au bout de leur démarche.

Le représentant de la Grande Loge de France indique que l’on trouve en maçonnerie ce qu’on apporte.

Quelles sont les actions concrètes de la maçonnerie dans la société?

Grand Orient de France :

Au sein de l'engagement social ou politique, mais aussi de la Fondation du Grand Orient de France et d'actions de solidarité. Travail dans des commissions et transmissiosn des travaux aux décideurs politiques

Droit Humain :

Même travail avec les parlementaires, commission de bioéthique.

Grand Loge de France : de même, travail avec la fondation et actions de solidarité (orphelinat)


jeudi 31 mai 2012

Compte rendu du Café Maçon de Mai 2012

Il y a eu beaucoup de propositions de solutions (7 interventions de cet ordre.), autant d’interventions recentrant sur les attentes vis-à-vis d’un président (8) Avec 2 interventions chacune viennent les valeurs, le rôle de la femme, le recentrage au citoyen, le rôle d’arbitre du président, et la nécessité d’un président avec plus d’autorité. Viennent ensuite des expériences socio-politiques, de la sémantique, des questions posées aux questions, l’analogie au monde de l’entreprise, et la notion de représentant.

lundi 26 mars 2012

Synthèse Café Maçon du 8 mars 2012

« Tolérance-intolérance. Pouvons-nous tout accepter ? »

Les deux textes liminaires posent les trois termes du débat. De principe moral et politique, durant la Révolution de 89, la tolérance est devenue une posture passive. Toujours condamnée comme le mal absolu, l’intolérance est difficile à aborder dans l’absolu. Comment réagir à l’intolérable, par le silence complice ou par l’entrée en résistance ? Où situer notre seuil de tolérance à l’intolérable ?

De nombreuses questions sémantiques


On préfère au terme « tolérance » trop passif, celui d’acceptation, d’accueil de l’autre.

La tolérance c’est accepter l’autre comme il est et non comme on voudrait qu’il soit. La tolérance c’est admettre chez l’autre une manière de penser autrement. En maçonnerie, la tolérance est en lien avec la liberté et le respect.

Pour tolérer, il faut avoir une position dominante. Je tolère parce que je peux sanctionner. Avons nous tous un droit de tolérance ? Ma tolérance finit là où commence celle des autres.

Un questionnement central autour de l’éducation à la tolérance


On ne naît pas tolérant, on le devient. Mais comment ? L’intolérance, la peur de l’autre est transgénérationnelle.

La tolérance renvoie à la problématique du désir. A la naissance, il n’y a pas de reconnaissance de l’autre puisqu’on est le grand tout.

C’est l’éducation qui rend tolérant mais je ne peux forcer l’autre à être tolérant.

La tolérance est à l’articulation de la sphère privée et publique. Les premiers conflits sont dans la famille.

Accueillir les différences commence dans le foyer, à la base. On ne force pas la tolérance mais on peut l’induire

La tolérance peut certes s’apprendre mais peut aussi être circonstancielle. Il y a une alchimie des événements qui peut donner de la compassion à un bourreau. La tolérance est mutable comme l’intolérance.

La maçonnerie est une école de tolérance, mais elle n’a pas le monopole de la tolérance.

Pour être tolérant, il faut d’abord se connaître, ne pas avoir peur de soi même car cela engendre la peur des autres. Et pour cela, rien de mieux que la culture.

Est ce qu’on apprend la tolérance avec le cœur ou avec la raison ?

La tolérance est ce une posture hypocrite, sociale ou une attitude réelle.

La tolérance a des limites. il faut aussi apprendre aux enfants à prendre leur place et à ne pas s’effacer dans un monde de compétition. Il faut leur apprendre une stratégie de la tolérance.

Il n’y a pas de pédagogie de la tolérance mais les poètes et les humoristes mettent sur la voie d’une tolérance subtile.

L’intolérance, un des effets de la crise


lLs crises induisent une résurgence de l’intolérance à l’autre. Les différences sont stigmatisées. C’est l’arbre qui cache la forêt. Il y a intolérance quand les difficultués mènent au repli sur soi. Pourtant, la tolérance est utile à la nation, elle est véhiculée par le dialogue social, elle met un terme aux non dits étouffants. Grâce à la tolérance, la société peut être en paix et riche.

Qu’est –ce qui est intolérable ?


Le chômage est une atteinte aux droits de l’homme comme le refus à un migrant de s’installer dans un autre pays que son pays d’origine, comme l’absence de logement.

lLs signes ostentatoires de la religion dérangent. Il faudrait savoir si la France est un pays laïque ou pas.
Tout tolérer dans l’éducation conduirait à du laxisme. La tolérance est en déséquilibre permanent. Elle peut être salvatrice et destructrice

Avec Camus, la justice est du côté de l’homme révolté qui ne tolérait pas ce qu’il avait vécu. Camus est un maçon sans tablier qui ne tolérait pas ce à quoi il était confronté.
Le seuil de tolérance est souvent franchi quand on fait trop appel aux émotions. ça ne permet pas un dialogue sain.

Il faut sortir du dualisme. La tolérance c’est bien, l’intolérance c’est mal.Qquand on est face à un régime totalitaire, il faut refuser de le tolérer. On ne peut tolérer l’injustice sociale. Les maçons africains qui se compromettent c’est intolérable et décevant tout comme la GLNF.

Il y a un devoir moral à ne pas tolérer l’intolérable. L’intolérance à l’intolérable est le début de la libération morale.

Au fond, on est hypocrites et adeptes du « not in my backyard ». On est tolérants chez les autres et pas chez soi. Nous avons le droit d’être intolérants.

Relativisme


Est ce que la tolérance n’est qu’une question de points de vue ? Selon les cultures on ne tolère pas les mêmes choses. Dans certains pays, mettre des anciens dans des maisons de retraite c’est intolérable. Dans certaines obédiences maçonniques on ne tolère pas les femmes. Peut –on donner à la tolérance une dimension universelle ?



La tolérance est une valeur qui se construit tous les jours avec les autres . On apprend toute sa vie à être tolérant . La tolérance c’est surtout une prise de conscience par le chemin personnel et l’expérience. La tolérance n’a pas de limites. La tolérance vient de notre volonté d’évoluer qui n’a pas de limites.

dimanche 5 février 2012

Synthèse Café Maçon du 2 Février 2012

« La laïcité à la française est-elle toujours d’actualité ? »

La laïcité à la française est-elle toujours d’actualité ? Les principes de base de la loi 1905 sont ils toujours valables dans la société multiculturelle ? Est-ce la loi qui pose problème ou son application ?

Les deux textes d’introduction posent les deux pôles du débat. Le premier rappelle les principes de la loi 1905 qui a permis d’apaiser des tensions entre les deux camps qui se sont affrontés au cours du 19ème siècle . Elle institue la séparation entre LES Eglises et l’Etat. Elle a une fonction constitutionnelle, éthique et politique. La République assure la liberté de conscience et relègue la foi dans la sphère privée. Il y a égalité de principe entre tous les hommes quelles que soient leurs croyances. Elle permet le vivre ensemble.

Le second texte, celui du visiteur, souligne que l’application de la loi 1905 pose problème car elle sert à cultiver des tensions avec certaines communautés à propos des signes ostentatoires de leur culte.

Des demandes d’information sur les exceptions à l’application de la loi du 1905 (Mayotte, Concordat) restent sans réponse.

La question de l’Islam avec le manque de mosquées dans les quartiers sensibles où vivent la plupart des Musulmans, délaissés par la République et celui de l’interdiction du voile à l’école et de la burqa dans les lieux publics va se trouver au centre du débat.

L’absence de mosquées, sauf dans les grandes villes, alors que l’enseignement catholique est significativement soutenu par l’Etat dénote un manque de neutralité dans l’application de la loi 1905. Voire même, une véritable défaillance de l’égalité et de la fraternité dans ces quartiers où le réseau communautaire de solidarité est venu compenser l’absence de réseau social et l’abandon des immigrés de la seconde génération qui ont décidé de vivre en France.

La législation sur l’interdiction du voile et le port de la burqa est contreproductive car elle attise les résistances et le repli identitaire. La loi sur la burqa est maladroite car elle touchait peu de monde, essentiellement des femmes converties à l’Islam qui voulaient vivre leur religion dans l’anonymat et elle devait être prise pour des raisons de sécurité et non pas au nom de la Laïcité. Certains pensent qu’elle est très peu appliquée.

Les Musulmans se sentent rejetés dans leurs croyances. Ils pensent que la loi 1905 leur est hostile. Et particulièrement du fait d’un contexte électoral qui incite certains à faire croire aux Français qu’ils ne sont plus chez eux.

Certains sont contre les restaurants rapides spécialisés dans le Hallal car c’est discriminant pour les non musulmans. D’autres non. Quelqu’un pense qu’il vaut mieux construire des écoles plutôt que des mosquées ingérables et trop coûteuses.

Dans ce débat animé, on a surtout pointé les défaillances de la République française (liberté, égalité, fraternité ) et la société française qui bloque sur son passé colonial et dénie son multiculturalisme .

Quant à la laïcité à l’école, un enseignant en retraite pense que les signes ostentatoires religieux doivent y être interdits car il faut respecter la liberté des jeunes vulnérables et influençables. A l’école la religion ne doit pas se voir tout comme dans l’espace public. Une enseignante pense qu’il faut trouver un juste milieu entre la neutralité et la liberté d’échanger sur les religions. La laïcité à l’école est trop contraignante. Un autre pense que la laïcité permet la liberté de croyance et de conscience et aussi l’éveil de l’esprit critique par rapport au fait religieux. Une connaissance distancée des religions dans un espace de neutralité est fondamentale. Il faut une école laïque de la maternelle à l’université.

Quelqu’un propose réformer la loi 1905 car il veut une liberté totale de croyance et de non croyance . La seule chose importante c’est que personne n’impose sa religion à un autre. Les religions doivent être estompées pour que tout la liberté de croyance et de conscience soit respectée .. On ne doit pas entrer dans la vie privée des gens. Pour lui, ce sont des combats d’arrière garde, il faut se battre pour plus de liberté et plus de respect des autres. Le rôle de l’Etat n’est pas d’entretenir le conflit mais le dialogue. La laïcité ne doit pas faire obstacle aux pratiques religieuse.

Un autre estime que c’est aux religions de s’adapter et de se moderniser. Certaines coutumes sont dépassées. Spiritualité et tolérance devraient aller ensemble car, au fond toutes les religions se rejoignent sur leurs valeurs. Les religions doivent prendre de la hauteur par rapport à de petits détails ou rituels auxquels on accorde trop d’importance.

Un intervenant préférerait qu’on construise des lieux œcuméniques où tout le monde puisse venir se rencontrer, se réunir.

Qu’est ce qui fait problème, la loi 1905 ou le commentaire sur la loi ? Il faudrait expliquer davantage la loi et éduquer sur la laïcité pour éviter les conflits, les amalgames et les crispations.

Il faut revenir à la loi elle même (liberté de conscience et non financement des cultes ) et se demander si cet espace permet à chacun de s’y retrouver. Il faut pointer les dérives dans l’application de la loi et faire en sorte que ceux qui sont exclus de la République puissent s’y retrouver.

La laïcité est magnifique, on nous l’envie, elle est le terreau de la mixité qui nous sauvera et nous amènera à transcender nos différences. Il y a éducation religieuse mais aucune éducation à la laïcité. La République est en défaut de ce point de vue. Si les jeunes des banlieues sont contre la laïcité c’est qu’on ne leur a pas appris en quoi elle consistait.

mardi 3 janvier 2012

Compte-rendu du Café Maçon de Novembre 2011

Synthèse café maçon sur le bonheur intérieur brut
Une soirée de paradoxes

Les critères du bonheur intérieur brut, à la bhoutanaise, semblent impossibles en France mais pourquoi ne pas s’inspirer de la philosophie bouddhiste pour diminuer nos besoins créés par la publicité.

Le bonheur n’est pas l’affaire du politique et pourtant les politiques devraient être les garants de l’intérêt général, des conditions de possibilité du bien être, de la sécurité , de la souveraineté, du lien social et de la cohésion nationale.

Les Français sont pessimistes car ils attendent trop des politiques mais dans le même temps, ils sont très généreux, solidaires et actifs dans la société civile.

Le bonheur est une quête individuelle mais il ne se construit que dans l’altérité et dans la prise en compte du collectif.

Le bonheur est relatif à chaque individu et dans chaque pays les critères du bonheur diffèrent.
Le bonheur ne dépend pas forcément des conditions matérielles. Il est indéfinissable , volatile et précieux comme la vie.

Télécharger le Compte-rendu du Café Maçon de Novembre 2011